Philippe Sella, l’homme des confluences

6 Nov 2018 | Regards extérieurs

Petit déjà, sur les bancs de l’école, il épluchait les résultats sportifs dans la presse locale et placardait les articles dédiés au rugby dans sa chambre… Son amour du pays, sa passion du sport, sa détermination  et sa joie de vivre l’ont amené vers un destin hors norme.

Rencontre en toute simplicité avec un homme de valeurs surnommé « l’incomparable », ancien ¾ centre mondialement connu aux 111 sélections, devenu un agenais impliqué.

Présentez-vous en quelques mots, quel est votre parcours ?

Je suis né à Tonneins  d’une famille issue de l’immigration Italienne, arrivée en Lot-et-Garonne entre les deux guerres. J’ai passé ma jeunesse dans la vallée du Lot, entouré de ma famille et de mes amis. J’ai découvert la vie avec un père agriculteur qui m’a transmis les valeurs du travail et de la rigueur. Je n’ai manqué de rien mais il fallait bosser dur.

Le Lot fait partie de mon histoire. Je me souviens de Clairac, beau village avec son cœur typique, sa plage aménagée et son barrage. J’allais souvent m’y baigner.

Toute ma famille est sportive : rugby, cyclisme, basket… A 9 ans, j’intègre l’équipe de Rugby à XIII de Clairac. C’est le début d’une vie consacrée au ballon ovale. A 11 ans, je commence l’école de Rugby à XV toujours à Clairac. J’y reste 6 ans et cultive ma passion du sport.

Je deviens ensuite Rugbyman amateur et passe le diplôme de professeur de sport. J‘ai toujours gardé cette sécurité et aujourd’hui encore j’incite les jeunes du centre de formation « Academia » que je préside à continuer leurs études : «  le Rugby peut s’arrêter, il faut pouvoir se retourner ».

J’ai en parallèle, occupé des postes dans le privé et dans des grandes sociétés comme Lee Cooper.   Cette expérience m’a aidé à monter ma propre société « Sella Communication » en 1993.

Je garde de très bons souvenirs de ma carrière sportive internationale à haut niveau et toutes les belles victoires partagées avec les autres joueurs.

Pourquoi avoir choisi de revenir à Agen ?

Je sais d’où je viens… Je voulais revenir sur mes terres natales et en devenir l’ambassadeur. Le département est une terre d’accueil mais aussi un territoire généreux et vivant. Ici, la qualité de vie est un point fort.

Et puis j’aime le cœur de ville d’Agen ou j’habite aujourd’hui. Vous levez les yeux et vous découvrez des façades XIXième, des églises, un boulevard piéton animé… l’Agglomération se développe, la ville s’est transformée, Agen est devenue une très belle ville. Ce que j’aime particulièrement c’est emprunter la passerelle ou le Pont-Canal et être tout de suite à la campagne.

Quels sont vos coups de cœur sur la Destination ?

J’aime la qualité et la variété des restaurants de la Destination. J’apprécie la cuisine du Margoton, la table de Michel Dussau et je craque pour les yaourts du Byresta.

Côté festif, je fréquente l’Indé et le quartier Jasmin.

J’aime courir sur la Voie Verte du Canal des deux Mers, à Passeligne et sur le coteau de l’Ermitage d’où l’on peut admirer par temps clair le début de la chaîne de Pyrénées.

Enfin, pour me relaxer je profite des bains d’Aginum Termae.

Quelle est votre actualité ?

Depuis quelques mois je suis grand-père. C’est une grande joie et je suis très fier de mes deux grands enfants. Mon fils est joueur en Pro D2 à Massy et ma fille ancienne basketteuse vit au Pays Basque. Dans ma vie, la famille c’est le socle.  

Côté professionnel, j’organise des séminaires et des conférences pour « Infront Sports & Media » qui a racheté l’année dernière mon groupe SELLA Communication. J’ai à cœur de transmettre mes valeurs fondamentales que sont le respect, le courage et l’engagement.

Je mène aussi un beau combat avec l’association des Enfants de l’Ovale que je préside. Il s’agit de partager la richesse du rugby  à des enfants qui n’ont pas la chance d’avoir une éducation générale et sportive. 

Je travaille aussi sur les projets de développement du stade Armandie. C’est un stade qui doit devenir un lieu de partage, de rencontre et de vie. Il me tient à cœur de faire vivre ce stade mythique. Nous devons développer des activités annexes comme de grands événements, des commerces, des structures de bien-être…

Et puis, bien évidemment, je suis de très près la vie du club pour lequel je suis Directeur sportif.

Votre meilleur souvenir en tant que joueur international ?

Je pense au titre de Champion de France obtenu contre Bayonne en 1982. C’était incroyable. Me revient également la ½ finale contre l’Australie en 87 que nous avons gagnée. Ce sont des moments collectifs très forts avec une belle alchimie. L’esprit du sport était bien là, ce moment imperceptible  où tous les joueurs prennent conscience de l’effort à fournir. Ces deux victoires m’ont apporté beaucoup de bonheur.

Une anecdote ?

John Eales, ancien joueur de rugby australien, est considéré comme l’un des meilleurs deuxièmes lignes de l’histoire du rugby. Il est également apprécié pour ses qualités humaines qui lui ont valu le surnom de Nobody (« personne ») en référence à l’assertion Nobody is perfect (« Personne est parfait »). J’aime cette philosophie : on peut être le meilleur homme et joueur du monde, on reste un être humain avec ses défauts et ses imperfections. C’est une belle leçon de vie…